Lettre manuscrite écrite en français par le major Baumann le 5/12/47 à l’ abbé Launay


Texte intégral

Monsieur le curé,

Je suis vraiment très heureux que vous ayez eu la bonté de me faire parvenir des nouvelles et de m’écrire une lettre tellement gentille !
Depuis que je vous ai envoyé ma lettre, j’ai quitté le camp de Fleury et je fus muté pour quelques jours à Cherbourg où je fus rapatrié le 1-11-47 – et c’est peut-être en grande partie à vous, monsieur le curé, que je le devais !
Il y a eu quatre ans que je n’ai pu voir ma famille, dont 3 ans j’étais en captivité. Revenu chez moi, j’ai trouvé ma patrie détruite, mais la joie et le désir rempli m’ont fait moins voir la situation désespérée et tout le malheur.
Il faudra travailler longtemps pour arriver à reconstruire tout ce que la guerre a détruit. Le devoir qui nous est impliqué par l’occupation par des nations si différentes ne sera pas facile à remplir. Mais espérons que l’assemblage de beaucoup de peuples servira, qu’ils s’entendent entre eux et que les évènements si malheureux comme c’est la guerre qui fit nous trouver ne se répètent plus jamais ! Naturellement ce sont des situations périlleuses qui font trouver les hommes, les uns et les autres, comme nous nous sommes trouvés, dans le temps !
Pourquoi est-ce qu’on ne nous donne pas en temps de paix les moyens de se faire connaître que si difficilement ! Y intervenir la facilité, cela ne serait-il pas plus avantageux pour l’humanité ? J’espère bien que la guerre nous fait toujours nous en souvenir !
Agréer l’expression de ma considération respectueuse, monsieur le curé, et mes salutations sincères !

Baumann à Hammelberg près Frankfurt.

Chacun admirera le français du major. Nous recherchons toujours cette
famille avec l’espoir quelle nous trouve des documents et les lettres de l’
abbé. Toujours pour servir la paix.

Aidez-nous. Merci.

,