Le sauveur pendant la guerre et pendant la paix


Traduction du bulletin de la ville d’Ebern après la visite d’octobre. Traduction de Anne-Laure Chaluleau, membre du Miroir des Âmes.

Souvenirs – L’amitié franco-allemande plane au-dessus des tombes. Le Président Michel Lefevre (ML) rend hommage à l’action de l’Ebernois Wilhelm Baumann (WB) menée près de sa ville de Normandie.

Ebern – Ils comprenaient tout juste un mot, mais restaient suspendus littéralement à ses lèvres. Dans une rare harmonie, le maire Robert Hermann et son prédécesseur Rolf Feulner étaient assis côte à côte et suivaient interloqués la description que leur faisait dans un français impeccable leur vis-à-vis assis à la table du Conseil  dans la salle de réunion historique.

Il était question d’une bataille en Normandie en août 1944, de très nombreuses victimes, et d’un habitant d’Ebern qui a mis fin au massacre. ML venu d’Argentan dans l’Orne parle de deux héros : l’abbé catholique Launay qui a acquis sa notoriété en France, et un Major allemand de la Wehrmacht, dont le nom était encore inconnu il y a quelques années. C’est seulement lorsqu’un échange de lettres entre le prêtre français et l’officier allemand fut découvert, que le soldat devint lui-même une figure – WB qui s’est installé au début des années 1950 comme médecin à Ebern.

Préserver de la destruction – ML en est convaincu, les deux ont mené à bien une action humanitaire sur le plus grand champ de bataille d’Europe de l’Ouest, ils ont en même temps épargné à sa ville d’Argentan d’autres destructions, et cela parce qu’ils ont réussi à obtenir la capitulation avec le soutien des troupes alliées.

ML a examiné les évènements d’alors dans les moindres détails. Il est  Président d’une association qui entretient la mémoire de ce qui s’est passé en Normandie après le débarquement des Alliés.    Sur la tombe de WB, il a dit : « Ce qu’il a fait, il l’a fait sans arme, car ce n’est que sans arme que l’on obtient la Paix ». A ces mots, il a jeté sur la dernière demeure de la terre ensemencée d’herbe  de Normandie et son frère Jean a déposé une coupe de fleurs. La terre provient du « Mémorial pour la Paix » d’Argentan. « J’espère que désormais WB jouira lui-aussi d’une place reconnue dans l’Histoire et que son travail en faveur de la Paix sera reconnu » a chuchoté ML empli d’émotion.

Comme le révèlent plusieurs signes du temps, Baumann n’a jamais parlé de son vécu de la guerre. « Nous ne savions rien de son action héroïque, il a vécu parmi nous très simplement et très discrètement » se souvient le maire Robert Hermann sur Baumann décédé en 1997. Comme le raconte ML traduit par Kurt Sieber, environ 200 000 soldats issus de 42 Nations ont participé à la bataille connue dans les livres d’Histoire sous le nom de « la Poche de Falaise ». Rien qu’à Argentan, détruite à 80 %, il y eut 50 000 combattants, dont 10 000 moururent.

Le véhicule de la Croix Rouge – A cause de toute cette souffrance, l’abbé Launay et WB – qui doit avoir parlé un français excellent – prirent l’initiative tout d’abord de hisser un drapeau blanc en signe de reddition, lequel fut de nouveau enlevé. Comme le lendemain devait avoir lieu une importante attaque des Alliés, le Major Baumann convainquit la direction des SS d’utiliser une voiture de patrouille de la Croix Rouge. Il roula avec accompagné de l’abbé Launay à travers les lignes ennemies afin de proclamer la capitulation.

Photo – ML répand de la terre provenant du « Mémorial pour la Paix » d’Argentan sur la tombe de la famille, en arrière plan son frère Jean tient une coupe de fleurs.